Anacharsis - tous les sons

Anacharsis - tous les sons

Tous les sons des éditions Anacharsis

Anacharsis

Retrouvez ici tous les sons des éditions Anacharsis : créations audio, simples lectures et émissions ou conférences enregistrées avec nos auteurs et autrices. Fusion des trois podcasts des éditions Anacharsis : Créations audio, Lectures et Vu de l'extérieur. Le catalogue des éditions Anacharsis se divise en quatre collections ("Famagouste", "Les ethnographiques", "Essais" et "Fictions" ) et accueille des textes écrits au fil du temps, récits de voyages – authentiques ou étranges –, témoignages, mais aussi essais ou romans dont le dénominateur commun est de mettre le lecteur en présence d’un questionnement sur l’altérité.

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Anacharsis - lectures > Grand-Guignol

Paris, février 1922. À Montmartre, la troupe du Grand-Guignol donne chaque soir des spectacles où l’outrance le dispute à l’exubérance. L’horrifique jette des spectateurs enfiévrés dans les pires affres, leur inoculant le frisson glacial et addictif de la terreur.
Mais le jour où le régisseur du théâtre se rend en douce acheter du sang aux bouchers de La Villette pour peaufiner ses mises en scène, quelque chose bascule. Doucement d’abord, puis sur un staccato de plus en plus rapide, les théâtreux vont se trouver plongés grandeur nature et sans trucage dans l’une des pièces qu’ils jouent d’ordinaire sur les planches.
Cette fois, ils ne maîtrisent plus les coulisses… Heureusement, Maxa, la vedette féminine de la troupe, a plus d’un tour dans son sac.

Couverture Grand-Guignol

Roman de Cyril Camus, parution le 16 octobre 2026

Extrait lu par Nathalie Vinot

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Anacharsis - vu de l'extérieur > Carmen, pour changer - Sophie Rabau (Agora des savoirs / radio Divergence)

Sous le couteau de Don José, Carmen meurt. Elle est morte des centaines, des milliers, des millions de fois, autant de fois qu’il y eût de lecteurs pour poser leurs yeux sur l’œuvre de Mérimée.
Emporté par sa passion, comme ensorcelé par la vénéneuse gitane, Don José n’avait guère de choix. Il fallait la tuer, ne serait-ce que pour obéir à l’injonction tragique. Et ainsi magnifier, sinon fonder l’un des mythes les plus vivaces de notre modernité, celui de la femme fatale. Il fallait donc que Carmen meure afin que naisse le mythe.

Carmen, pour changer
Carmen, pour changer. Variations sur une nouvelle de Prosper Mérimée

Avec une vitalité débordante, Sophie Rabau se refuse à la mort de Carmen. Elle entreprend de relire la nouvelle pour lui appliquer avec méthode le principe de la variante. Varier Carmen, c’est aller aux tréfonds du texte y chercher des flexions, des infléchissements suggérés dans l’œuvre originale et laissés pourtant inexploités.

Sophie Rabau, avec l’humour qu’on lui connaît, entreprend donc de sauver Carmen dans un exercice de lirécriture enthousiasmant grâce auquel l’héroïne tragique devient une femme vivante, et bien vivante, et qui mérite de le rester. Ce sont alors des centaines de Carmens déviées qui dansent, chantent aiment et rient, insolentes et toujours sauvées : superbement vivantes.

Alors pourquoi fallait-il la tuer ? La figure de la femme fatale se trouve ici dynamitée, et, le mythe mis à nu, on en mesure en fin de compte toute la bêtise, et peut-être aussi le sordide : une femme qui vit serait une souffrance pour l’homme qui aime ? Une femme n’existe que par l’homme qui l’aime ? Carmen déviée prouve que non.

Sophie Rabau est enseignante-chercheuse en littérature générale et comparée à l’Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle. Théoricienne de la littérature, elle s’intéresse à l’invention théorique et critique. Elle est également membre du comité de rédaction de la revue Vacarme où elle publie régulièrement des textes théoriques et/ou littéraires. Elle a notamment publié L’Intertextualité (Flammarion, 2003) et B. comme Homère : l’invention de Victor B, (Anacharsis, 2016)

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Anacharsis - lectures > Tripoli

Lecture de Tripoli. Tribulations et aventures d’un captif dans une cité corsaire par Raphaël Laloum dans le Cours de l'histoire sur France Culture.

Tripoli

Présenté et annoté par Mathieu Grenet

Antoine Quartier est capturé par des pirates de Tripoli en 1660 ; s’ensuivent huit années de captivité dans la cité libyenne. Trente ans plus tard, il raconte ses tribulations.
La ville aux portes du désert est un chaudron cosmopolite vivant au rythme des captures opérées dans tout le bassin de la Méditerranée orientale par ses redoutables capitaines corsaires. Le plus souvent chrétiens fraîchement convertis à l’islam, ils forment une caste à part, se regroupant selon leurs origines, des « reniés » pour la plupart grecs, italiens ou provençaux. Quant aux captifs, ils vont et viennent entre les bagnes de la ville et la campagne avoisinante, soumis à mille et une tâches subalternes, dans l’attente de leur hypothétique rachat.
Au fil de dizaines de petits récits hauts en couleur, Quartier évoque d’une plume alerte les trajectoires dramatiques de ces « esclaves », endurants, mélancoliques ou facétieux, sous la domination de maîtres plus ou moins compatissants.
Un éclairage étonnant sur un monde à la fois fluide et interlope.

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Anacharsis - vu de l'extérieur > Captifs et corsaires - Allons-y voir ! (France Culture)

Méconnue mais pourtant bien visible à travers les œuvres, l’histoire de l’esclavage en Méditerranée est faite de violences réciproques, de représailles, mais aussi de circulation cosmopolite des savoirs. Tout sauf marginale, cette histoire est au cœur de la représentation politique du Grand Siècle.
Jusqu'au 19 juillet, l'exposition Esclaves en Méditerranée, XVIIe-XVIIIe siècles qui se tient à l’Institut du monde arabe à Paris révèle cette histoire méconnue, dont l’oubli est d’autant plus surprenant qu’elle était partout visible.
Patrick Boucheron s'entretient avec :

  • Gillian Weiss, historienne, professeure à la Case Western Reserve University, Cleveland, spécialiste de la Méditerranée à l’époque moderne. Elle la co-commissaire de l’exposition « Esclaves en Méditerranée, XVIIe-XVIIIe siècle » qui se tient à l’Institut du Monde Arabe à Paris, jusqu’au 19 juillet. On lui doit notamment deux superbes livres traduits en français : Captifs et corsaires. L’identité française et l’esclavage en Méditerranée paru chez Anacharsis en 2014, et en 2022 aux éditions de l’EHESS Le Roi-Soleil en mer. Art maritime et galériens dans la France de Louis XIV, en collaboration avec Meredith Martin, également co-commissaire de l’exposition avec Djamila Chakour et M’hamed Oualdi.**

Captifs et corsaires

  • M’hamed Oualdi, professeur d’histoire du Maghreb à Sciences Po, actuellement en détachement à l’Institut européen de Florence, après avoir enseigné à Rome, Tunis et Princeton. Cette carrière internationale est mise au service d’une histoire connectée de l’esclavage, ou plutôt des esclaves. En français, il a notamment publié Un esclave entre deux empires. Une histoire transimpériale du Maghreb au Seuil en 2023 et L’Esclavage dans les mondes musulmans aux éditions Amsterdam, 2024. Il est également co-commissaire de l’exposition « Esclaves en Méditerranée, XVIIe-XVIIIe siècle » à l’IMA.

  • Guillaume Calafat, maître de conférences en histoire moderne à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France et directeur de la revue Les Annales. Il a publié en 2019 aux éditions du Seuil Une mer jalousée. Contribution à l’histoire de la souveraineté (Méditerranée, XVIIe siècle) et, avec Mathieu Grenet Méditerranées. Une histoire des mobilités humaines, 1492-1750, Points-Seuil, 2023.